Objectifs

La pollution atmosphérique dans les villes est un défi majeur pour la santé publique, tant dans les pays développés que dans les pays en développement. Adoptant une approche résolument interdisciplinaire, le projet MobilAir vise à identifier des mesures précises pour réduire de manière significative la pollution atmosphérique dans les villes et ses impacts.
S'appuyant sur la grande diversité pluridisciplinaire du campus grenoblois, MobilAir développera une approche intégrée dans l'agglomération grenobloise, qui est une zone pilote pertinente. MobilAir cherchera à développer des méthodes et des instruments qui peuvent être copiés dans d'autres villes en France et dans d'autres pays. Plus précisement, MobilAir a les objectifs clés suivants :

1/ Mieux caractériser l'exposition d'une population à la pollution.

Les liens entre le potentiel oxydant (PO) et les caractéristiques chimiques des particules, d'une part, et la santé des enfants d'autre part (santé respiratoire, croissance, développement du cerveau, caractères épigénétiques) seront étudiés par des mesures individuelles d'une cohorte de femmes enceintes, financées par le conseil européen de la recherche (projet ERC Sepages). Leurs enfants seront à leur tour surveillé. La mise au point d'un modèle météorologique à mailles fines (100 m) contribuera également à améliorer la modélisation et donc la prévision des zones où la pollution stagnera.

2/ Améliorer notre compréhension des facteurs qui déterminent le comportement de mobilité

La répartition des modes de transport est l'un principaux des déterminants de la pollution urbaine. Des travaux interdisciplinaires novateurs impliquant des économistes spécialisés dans les transports et la santé publique, des géographes, des sociologues et des psychologues nous permettront de mieux appréhender les facteurs psychologiques - tels que la perception, l'intention, l'altruisme et les normes sociales - au-delà des questions de coût et de temps de transit (localisation des activités, urbanisme...), dans les choix de mobilité individuelle. L'étude des différents leviers permettant de faire évoluer durablement les modes de mobilité vers des modes plus actifs - notamment la marche à pied et le vélo - comprendra une expérimentation randomisée de plusieurs centaines de d’individus suivis sur une période de deux ans.

3/ Aider à la prise de décision dans le secteur public

Le développement d'un outil interdisciplinaire d'évaluation des politiques permettra d'évaluer les mesures mises en œuvre par les autorités locales dans l'agglomération grenobloise entre 2016 et 2019, ainsi que des scénarios de mesures plus "théoriques". L'évaluation portera sur les modes de déplacement, le trafic, l'environnement et la santé publique ainsi que sur l'économie, ouvrant ainsi la voie à la première analyse coûts-bénéfices des mesures de lutte contre la pollution en France. La recherche portera également sur le développement d'un outil de modélisation inverse, permettant d'identifier les mesures publiques sur la circulation et le chauffage pour atteindre un objectif donné en matière de santé ou de qualité de l'air.

Le projet Mobil'Air associe modélisations, mesures environnementales, enquêtes répétées en population, cohortes avec leurs biobanques, étude d’impact sanitaire, intervention auprès de plusieurs centaines de ménages, dans un consortium de chercheurs travaillant chacun sur un ou plusieurs aspects liés à la pollution de l’air (économistes des transports, de l'environnement et de la santé, sociologues, psychologues comportementaux, géographes, épidémiologistes, modélisateurs de l'atmosphère, des interactions entre transports et usage des sols) en lien avec les collectivités territoriales. Jamais un tel projet interdisciplinaire n'a été mené sur l'étude de la pollution atmosphérique, de ses sources, de ses impacts et des moyens de la réduire. Il constitue les bases d’un possible futur institut Environnement, Santé, Société. Il s’agit d’un projet équilibré, apportant à la fois des résultats scientifiques originaux, et des éléments d’aide à la décision. Des partenariats privilégiés avec six instituts de recherche européens et américains en pointe favoriseront l’extension vers la prédiction de long-terme et l’intégration pollution-changement climatique, la pérennisation du projet et l’accueil d’étudiants étrangers de haut niveau.